Jeudi 2 août 2007 à 9:02


Force


(
1992 )


J'ai reçu beaucoup d'amour et je fais un métier que j'aime. Elle vient aussi de ce que je ne triche pas. Comme je vis seule, je n'ai jamais à tricher devant un autre, ou des autres, et ça, c'est très important. Si en entrant chez vous, vous êtes obligé de faire semblant, c'est fatiguant. Mais, au contraire, si vous apprenez à vous recharger, à repartir vers un silence, une solitude que vous transformez en force... Ma force vient aussi du fait que je suis bien dans mes bottes. Et que je n'ai jamais rien fait par complaisance ou facilité.


(
1993 )


La force que j'ai me vient des bonheurs que j'ai connus, et aussi des moments de désespoir que j'ai traversés. Je veux dire aux gens de ne pas baisser les bras, de ne jamais se laisser couler en des tréfonds de tristesse et de malheur. Il faut travailler sans attendre pour que la joie revienne et au matin, on puisse tous sourire à nouveau. Au bout de la nuit, même si tu marches à genoux, tu verras encore le jour se lever.


Barbara

Lundi 30 juillet 2007 à 8:58


Fax


(
1996 )


Écoutez, c'est un outil extraordinaire, le fax ! Vous ne trouvez pas ? Rien à voir avec l'intrusion bruyante du téléphone. Il chuchote à peine et les mots se déroulent. Vous pouvez ne pas avoir la force d'appeler un ami, vous trouvez toujours celle de lui griffonner quelques mots. Un enfant qui dessine une fleur, un correspondant inconnu vous dédie une tendresses masquée, un amour à mi-voix. Et vous guettez le murmure qui vient, peut-être, de l'autre bout du monde...


Barbara

Jeudi 26 juillet 2007 à 8:45


Ce fut un soir en Mars, un samedi, le 26 de 1994.
Ici même vous en souvenez vous.
Pour la dernière fois Barbara a chanté sur scène.

 


Barbara est entrée sur scène comme d'habitude, les paumes de mains tournées vers le ciel, les bras en avant vers le public. Elle s'accompagne au piano avec Gérard Daguerre à la direction musicale et synthétiseurs, Jean Louis Hennequin aux percussions synthétiseurs et cordes et Serge Tomassi à l'accordéon et synthétiseurs. Barbara a chanté avec une force et une facilité déconcertante. Malgré sa grande fatigue elle a bluffé tout le monde. Au moment de présenter ses musiciens, elle a fait venir sur scène l'ensemble de son équipe, techniciens, machinistes, etc... Vers la fin du spectacle elle est descendue dans la salle. C'est la première fois qu'elle descendait dans " la fosse aux lions " durant son spectacle. A la toute fin du spectacle Barbara était au fond de scène, près d'une malle " corsaire " avec déjà les techniciens en train de démonter.


^^^^^^^^


Elle se rappelle à nous. On la rappelle à soi. Une fois, deux fois, dix fois. Et la dame n'en finit pas de parcourir la scène du Vinci, de sa curieuse démarche animale. Pour dire merci à tout : aux gens qui l'applaudissent, aux "bravos" lancés des travées comme à l'opéra, aux bouquets de roses déposées dans un coin, à la vie qui va, à la musique. Comme ces personnes de contes de notre enfance qui dispensent le bonheur autour d'eux, Barbara fait du bien à qui la regarde, la désire de loin, jusqu'à ne plus faire qu'un mentalement avec elle.


Elle pourrait chanter l'annuaire téléphonique, elle collerait le frisson. Elle pourrait jouer les dédaigneuses, on en redemanderait quand même. Mais comme elle ne fait ni l'un ni l'autre, la jubilation ressentie à l'écouter, à la voir déambuler, se lover dans son rocking-chair, se tourner vers ses musiciens, bouger d'une main, se cacher derrière le piano, est totale.


Joyeuse, délivrée, juvénile, sûre d'elle, si proche et si aérienne à la fois, Barbara balance son univers sur les planches : pas le "boulet" lugubre des années qui passent, mais un paquet de souvenirs, d'élans, de notations, de choses intimes et de parfums qui vous mettent le coeur en émoi, et l'envie de ne plus bouger du fauteuil. De rester là, à flâner dans Göttingen, ou rue de la grange aux loups. A espérer "Christine si belle dans son jupon blanc". Et à pleurer discrètement en attendant que Madame revienne...


Le Vinci était plein pour Barbara. Parmi les 2000 spectateurs, toute menue près des consoles, il y avait Liane Foly, venue incognito écouter son aînée.


Pierre Imbert.
(La nouvelle république du centre ouest)


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" Et quand le 26 mars 1994 après mon dernier concert à Tours, je suis remontée dans la voiture, je peux vous dire que je n'étais plus qu'une femme épuisée, douloureuse, vidée, morcelée, déconstruite. Après cette immense dernière fête, conduite par un Philippe silencieux, accompagnée par ma Béa qui se ratatinait pour ne me déranger en rien, j'étais prostrée, avec tout cet amour, ces regards, vos mains tendues. Mais, malgré ce long deuil que je venais de commencer, au terme de ma belle et intense vie de nomade, j'étais une femme heureuse... "


" Je savais que c'était mon ultime tournée. Alors j'ai chanté chaque soir comme si c'était la première et la dernière fois. J'ai tenu grâce au public et en même temps, j'avais l'impression de ressembler à un gant : comment te dire, tout en moi était retournée... "


" Plus jamais je ne rentrerai en scène. Je ne chanterai jamais plus. Plus jamais revêtir le strass, le pailleté du velours noir. Plus jamais cette attente dans les coulisses, le coeur à rompre. Plus jamais le rideau qui s'ouvre, plus jamais le pied posé dans la lumière sur la note de cymbale éclatée. Plus jamais descendre vers nous, venir à vous pour enfin nous retrouver.


" Je croyais avoir quitté à Tours ceux qui m'aiment, j'ai compris que, pour ne pas leur être infidèle, je leur devais, faute de scène, un disque, mais un disque conçu à la manière d'un récital."


 Barbara

Mardi 24 juillet 2007 à 8:39


L'Ecluse


(
1968 )


C'est à partir de ce moment qu'on a dit que j'étais une intellectuelle. Ce n'est pas flatteur pour les intellectuels. Qu'est-ce qu'on n'a pas dit sur moi ? Que j'étais étrange. L'insolite Barbara. La dame en noir. La fille de minuit. Un délire de mots. Et moi, je suis plutôt du genre " gai, gai, marions-nous ! "


(
1981 )


A l'Ecluse, nous étions soixante-dix, en comptant les gens debout et la chanteuse. J'étais face au mur où le piano était fixé. Je ne voyais pas les gens, ne serait-ce que parce que je suis myope, mais je l'ai entendais " Ah ! Qu'elle est laide ! "


(
1992 )


A l'Ecluse, j'ai écrit une chanson qui s'appelait Dis, quand reviendras-tu ? que j'ai commencé à chanter sans dire que j'en étais l'auteur. Et puis Chapeau bas. J'ai commencé là-bas, en lever de rideau, quand Marie-José Neuville se produisait en numéro 6, la dernière attraction, le temps fort du spectacle. Et j'ai fini en numéro 6, moi aussi.


(
1993 )


La salle la plus difficile que j'aie connue. Avec ses soixante-dix spectateurs. La porte qui s'ouvrait sur la scène. Le piano à côté qui m'obligeait à chanter à demi tournée vers la gauche. On disait alors : " Elle est étrange " Mais il n'y avait rien d'étrange. Le mur était là, le piano comme ça, et moi de côté. J'étais telle que j'étais à l'époque. Et je n'ai pas changé.


Barbara

Lundi 23 juillet 2007 à 8:58


Hommes et femmes de mon équipe, vous m'avez remis hier soir vingt lettres de vous accrochées à vingt cadeaux, le tout dans une passoire en plastique du bleu le plus tendre; merci. J'aurai pu sans lire vos signatures savoir de qui était chaque lettre. Voilà ma réponse... Tant que nous ferons la route ensemble à partager la pluie, le vent, la canicule, les galères, les espace magiques, les cirques, les théâtres, les fêtes avec un public d'amour. Tant que vous grognerez de me voir arriver trop tôt le matin lorsque vous montez les scènes partout, craignant que ne me tombe dessus une gamelle mal accrochée ou que ma myopie me fasse glisser sur les câbles embrouillés. Tant que nous resterons des gens du voyage, des passants de la nuit pour la magie d'un instant recommencé chaque fois plus loin. Tant que je veillerai sur vous, que vous veillerez sur moi. Tant que je chanterai, je serai près de vous une nomade heureuse. Hommes et femmes de mon équipe, n'oubliez pas que nous ne sommes rien qu'un instant de la nuit et que nous nous devons de rendre cet instant-là Magique. N'oubliez pas de dire merci, s'il vous plaît, pardon en le pensant, vous savez que j'y tiens. Sachez que nous faisons ensemble un métier exceptionnel, de liberté, de lumières, d'amour. Ce soir, c'est la dernière étape de l'été. demain, vous serez en vacances, oubliez-moi, dormez, riez, soyez heureux. Prenez soin de vous et des autres, respirez près des arbres. Hommes et femmes de mon équipe, je suis fière de vous. Merci.
Ramatuelle, le 3 Août 1990

Barbara

Mercredi 18 juillet 2007 à 11:31


L'homme


Nous ne nous sommes pas vus depuis huit jours, un mois, un an. Je ne sais pas, et c'est sans importance. Gérard me téléphone. Il dit " c'est moi " et je sais exactement comment il est, comment il va. Je ne me souviens plus où ni comment nous nous sommes connus. J'ai le souvenir d'une table autour de laquelle nous étions. Je lui raconte Lily Passion. Il dit " C'est pour moi. David, c'est moi. Écris-le " David, ce sera lui. Mais durant six années, Lily se fait, se défait, se construit, se déconstruit ; toujours Gérard sera là. Autour de lui, autour de moi, on me laisse entendre que, bien sûr, il a envie de cette aventure, mais que ce sera peut-être pas possible : trop de films, trop d'absence... Je n'ai jamais cessé de croire qu'il viendrait à la date fixée. Je travaille sur Lily avec la pensée de David et la présence de Depardieu. Il est en Mauritanie. Il tourne Fort Saganne. Je lui envoie une cassette avec les premières chansons de Lily et la pluie que j'enregistre dans le jardin de Précy. Nous allons communiquer par cassettes pour ne pas nous perdre. A son retour, je lui lis au téléphone le premier jet d'un passage d'un monologue de David ; il n'y changera presque rien. Je lui lis chaque nouvelle scène que j'écris pour lui. Par ses silences ou avec l'infinie délicatesse de ses paroles; il va me guider. Il m'apprend à ne pas me censurer. Très intelligemment, il va, par son langage, par son attitude, me dicter ce qu'il a envie de dire, et comment il voudrait le dire. Il arrive un matin à Précy dans le désordre d'un bureau jonché de feuilles de cahier qu'il ramasse en riant... Toujours, entre nous, les fous rires ou cette émotion de la première rencontre. Il est venu me regarder, me rassurer, mais il repart en disant qu'il est venu prendre des forces ! Le voleur ! C'est un voleur magnifique ! C'est un voleur d'émotions. A Nantes où nous sommes en tournée, nous assistons au baptême de la rue de la grange au loup ( hommage de la ville à ma chanson Nantes ) Au moment où on découvre la plaque, Gérard dit : " C'est pour mon père " Il me vole mon histoire pour mieux y participer, pour pouvoir tout partager avec moi. Poète médium, hyperémotif, hyper-tout, il mangerait d'amour ceux qu'il aime. En scène, un soir, il s'aperçoit que je ne suis pas dans les projecteurs ; il va tout doucement sortir de la lumière pour m'y faire avancer. Tous les soirs, il y veillera, comme un porteur avec sa danseuse. Dans ses promesses, dans ses folies, dans ses incohérences, dans ses délires, dans ses amitiés, je l'ai toujours connu d'une grande exactitude. D'une grande séduction : il sait que si le jeu de la séduction n'existe pas, rien ne sera possible. Séduire, se laisser séduire. Je l'ai vu parler aux chats un langage de douceur. Nous ne nous sommes pas vus depuis huit jours, un mois, un an, quelle importance ? Il est en marche quelque part à nous inventer des miracles. Je ne sais comment il peut faire surgir de la zone glacée un arbre de lumière.


Barbara
( Précy; le 1er mars 1991 )

Lundi 16 juillet 2007 à 11:58



Chez Barbara


Précy


(
1981 )


Il y a huit ans, je me suis installée à la campagne. Je n'avais jamais vu le soleil se lever. Ou mal. J'avais entendu dire qu'on mettait une graine en terre et qu'il poussait une fleur mais je ne l'avais jamais vu. Je ne savais pas ce que c'était un rouge-gorge. A propos, avez-vous remarqué comme à Paris, le chant des oiseaux est angoissant, au petit matin ?


(
1992 )


C'est une maison de curé, une ancienne ferme. De l'extérieur, on a l'impression que tout est fermé, en réalité, tout est ouvert sur  l'extérieur. J'ai un jardin, petit, mais très joli. Avec un bouleau, un tilleul, des oiseaux... Avant j'habitais Paris, mais j'avais peur de tous ces gens... Alors, je m'enfermais chez moi. Tandis qu'à la campagne, je regarde les arbres, les graines, les fleurs, la terre. J'ai appris tout ça. J'ai cinq chats, trois chiens.Je m'occupe de ma maison, je reçois des amis. C'est important pour moi qu'ils se sentent bien ici. Je m'assieds dans la terre, là-bas, à planter des graines. Je peux tricoter des jours et des nuits entières.


(
1993 )


Je me dis tous les jours, je vous assure que c'est vrai : " ça, c'est fou d'avoir quelque chose à soi, c'est magique " Et si tout le monde avait ce jardin, ça changerait bien des choses et c'est une injustice qu'il y en ait qui l'aient et qu'il y en ait d'autres qui ne l'aient pas... Et ce qui est terrible, c'est qu'il y a ceux qui n'y sont pas, qui n'arrivent pas à entrer dans le cercle, ou le cercle ne s'agrandit pas suffisamment, plus exactement, pour qu'ils y entrent. Et ça, c'est terrible ! Il y a des quotidiens terribles. Qu'est-ce qui est difficile à vivre ? C'est le quotidien.


Barbara

Samedi 7 juillet 2007 à 12:09

 

Écrire

(
1968 )

Je mets des mots sur la musique, parce qu'il le faut. Mais, si c'était possible, je ferais simplement : la, la, la... Je ne peux écrire qu'après une déchirure.

(
1981 )

Quand j'écris, je ne pense jamais que c'est moi qui écris, mais que quelqu'un d'autre met les mots à ma place, me les souffle. Et puis, je suis avant tout une interprète et j'ai besoin d'être en accord avec ce que je chante. Ce que j'ai dit, je ne le réécrirai pas différemment. Disons qu'il m'est arrivé d'écrire et que j'en suis la première étonnée. Je crois être plus une femme qui chante. A mes débuts, je n'aurais pas osé poser une plume sur un cahier. Et puis, lorsque vous écrivez, les gens n'osent plus trop écrire pour vous. Or, moi j'aimerais qu'un Eddy Mitchell, un Jonasz, un Souchon, me fasse des chansons.

(
1990 )

Tout vient ensemble, musique et paroles. Je n'écris pas une chanson, je la chante. Je n'ai pas le génie d'imagination de Gainsbourg. Ce n'est pas un hasard si j'ai chanté avant de composer des chansons, si j'ai interprété Brel, Ferré, Brassens, tous ceux qui on de l'humour, une écriture incisive, du tempérament. Je pourrais arrêter d'écrire mais continuer à chanter. L'écriture, c'est un bonheur et une douleur, une difficulté terrible, une étrange exaltation. Mais c'est un bonheur, surtout. Je n'ai aucune discipline, aucun rituel. C'est une chose secrète que je ne peux faire que chez moi, à Précy, rarement le matin. C'est vers dix-huit heures que l'envie me prend. Je rôde autour du piano, une feuille de papier à la main et il peut se passer ( comme pour la garde à vue ) quarante-huit heures sans que je distingue le jour de la nuit, sans que je quitte ma maison.

(
1993 )

J'ai toujours du mal à écrire. Si Rémusat m'est venue en deux heures, j'ai bien mis trois ans pour écrire Nantes et dix pour Gauguin. Je déchire et je réécris beaucoup. J'ai mal aux mots, comme on dit. Je n'ai pas l'imaginaire. Je n'écris que comme dans un journal intime. Je n'ai pas d'invention. C'est ce que j'envie tellement à des gens comme Gainsbourg. Moi, je ne sais dire que ce qui m'est arrivé et ça n'a rien d'original : Tout le monde a perdu un père, tout le monde a perdu un amour et en a trouvé un autre. Par exemple, sur le premier disque, la chanson qui a émergé, c'est Pierre. Ce qui prouve bien que tout le monde attend quelqu'un. Encore qu'il se soit trouvé des gens pour me demander : " Qu'est-ce que vous avez voulu dire avec la la la ? "

Barbara

Lundi 2 juillet 2007 à 18:54

 
Scène


(
1968 )


J'ai choisi la scène comme on entre en religion. Je dis souvent qu'il y a trois métiers qui se ressemblent : La scène, la religion, la prostitution. Donner de l'amour par amour de l'amour, c'est aussi respectable que n'importe quoi d'autre. Donner du rêve, de l'espoir, faire pleurer ou rire mille personnes par soir, c'est donner de l'amour. Pour moi, c'est ça : je suis sur scène la même qu'avec un homme que j'aime. Ce sont là deux manières de faire l'amour, mais dans lesquelles entre le même don total de moi.


(
1992 )


Il faut écouter son désir et ne jamais le perdre. S'il n'y a plus de désir, il ne faut plus y aller. C'est fini. Et puis, il faut être intransigeant. Et vigilant. Garder le goût de la fête et du partage. Le spectacle, c'est ça, une vraie belle fête. Si on n'a pas ce goût-là, rien n'est possible. Je n'ai pas peur de monter sur scène. J'ai toujours peur de ne pas chanter aussi bien qu'il le faudrait pour ce public à qui je dois le meilleur de moi-même. Je ne me suis jamais sentie belle. Mais la scène embellit. Je ne parle pas des lumières mais des gens, de cet échange d'amour qui transforme tout en quelques instants. Comme un rendez-vous d'amour. Avec l'émerveillement de ne pas savoir ce qui va se passer. Et toujours la crainte qu'au bout de tant d'années, l'autre vous ait oublié.


(
1996 )


Je cherche, chaque soir, à m'amuser. Dès le moment où je pose le pied dans la lumière, je me dirige vers mon piano. Alors, je l'espère, commence la fête pour tous. Là sont mes seules certitudes et mon refuge. Je n'en connais pas d'autres. Je suis impudique sur scène parce que je suis pudique dans la vie. Encore que, le fait de le dire soit déjà une impudeur. On trouvais étranges mes mots, mes silences, mon physique, mon comportement. Certains on pensé, et écrit qu'il y avait une grande sophistication dans ma façon de me mouvoir sur scène. Je peux affirmer que je n'ai jamais répété un geste, ni rien dans ma façon de me déplacer ou de chanter. La dernière tournée a été extraordinaire : j'avais à peine le pied sur la scène que les gens, dans la salle, étaient déjà debout...J'en suis sortie dans un grand état de bonheur... Et d'épuisement. Retournée comme un gant. Mais, très vite, après le dernier au revoir, j'ai senti le désir d'écrire.


Barbara

Mardi 12 juin 2007 à 8:36

 
Différence

 

( 1979 )


C'est la vie qui est triste. Pas moi. Je n'ai pas tué l'enfant, je n'ai pas muré les hommes. On est étrange quand on est différent. Mais je refuse la différence que les autres voudraient m'imposer. Je la veux ailleurs. C'est l'instinct de conservation qui me le commande. Je refuse cette fausse complicité que pourrait créer la différence imposée par les autres.


Barbara

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