Vendredi 10 juillet 2009 à 8:42



<  Clair de nuit  >


Clair de nuit  ( Barbara/C.Lara )  ( 1973 )


Au clair de notre nuit
Des fleurs de lune,
Lunes à la nuit, sont posées
Tes mains, à mon cou nu,
Comme des algues
Brunes, se sont enroulées
Comme des algues
A mon cou nu
Se sont enroulées
Et se balancent
Notre lit est un voilier
Qui se balance, se balance
Sur l'océan de la nuit

Mais le voilier chaviré
Dessous la lune
Lune, dans l'eau, chavirée
Comme deux fleurs de lune
L'une dans l'autre
Dans les algues, enroulées
Comme un torrent
Au fond des mers
Dans l'écume éclatée
Comme on chavire
Et la chambre est un pays
Où l'on vive, l'on chavire

Dans l'océan de la nuit
Au clair de notre nuit
Des fleurs de lune,
Lunes de nuit, sont posées
Au clair de notre nuit
Au clair de nous
Au clair de toi, mon amour
Au tendre de tes yeux
Presque endormis
Au merveilleux de tes bras,
A ton sourire,
A ton silence,
Au calme retrouvé
Ah, on s'endort
Le sommeil est un pays
Où l'on se retrouve encore
Dans l'océan de la nuit

Au clair de notre nuit
Des fleurs de lune,
Lunes à la nuit, sont posées
Tes mains à mon cou nu
Comme des algues brunes,
Se sont enroulées
Dans tes cheveux
A mon cou nu
Tous les deux, accrochés
Ah, recommence
La voile de notre lit
Se balance, se balance
Sur l'océan de la nuit
On voyage
Et l'amour est un pays
Où nos deux corps font naufrage
Dans l'océan de la nuit

Au ciel de notre lit
Des fleurs de lune,
Lunes à la nuit, sont posées...

Jeudi 2 juillet 2009 à 8:20

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Tournées

(
1993 )

J'adore partir de ville en ville. Les traverser la nuit. Aller vers d'autres visages, imaginer toutes ces vies derrières les fenêtres allumées ou éteintes... Rouler, rouler... Découvrir le théâtre, retrouver le piano qui suit dans un camion, puis attendre le rocking-chair pendant que mon équipe installe la scène autour de moi, les rideaux, les lumières, le son ! Le spectacle, c'est vraiment là qu'il commence. A l'instant où les hommes déchargent les camions, dans un lieu quelquefois tellement insolite et que le public, le soir venu, rendra miraculeux.

Quand je quitte ma maison pour partir, c'est une coupure radicale. Je suis sur la route et je ne me retourne pas. Je regarde devant. Plus rien n'existe. Une autre vie, d'autres parfums, d'autres couleurs, d'autres silences... La vie, suspendue entre la scène et la route. Je deviens une voyageuse. Quand je reviens, je retrouve ma maison et mon secret.

Le premier endroit que je vois en arrivant dans une ville, c'est le théâtre. Mais si je ne vois pas le pays, je vois les gens du pays. Et je les vois comme personne ne les voit : rassemblés, silencieux, attentifs, présents, avec leurs bonheurs et leurs chagrins, riches ou pauvres, jeunes ou vieux...

A six heures du matin, je suis sur le terrain et je n'en bouge plus. Tout mon temps va se passer à vérifier la place du piano, la position de la lumière, etc. La soirée s'achève à une heure du matin et après je fais la route. Une fois que vous avez chanté dans une ville, vous n'avez plus rien à y faire. C'est là-bas, plus loin, qu'il faut aller.

Barbara

Mercredi 3 juin 2009 à 6:32

 
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Une question se pose : Barbara a-t-elle considéré le cinéma comme une simple passade, un cadeau offert à ses amis les plus chers ? L'entretien accordé à Michel Perez en 1972 prouve qu'elle y a, sans doute, secrètement rêvé. " J'aimerais bien tourner avec Polanski, Losey, Visconti, Fellini. J'aurais aimé tourner Lola de Jacques Demy. Et alors là, on est en plein délire, j'aurais aimé tourner avec Erich von Stroheim, avec Max Ophuls (...) " C'est vrai, on l'aurait bien vue dans Le plaisir. Dans le rôle de Mila Parély la " belle juive " de La Maison Tellier, aussi brune qu'elle, et aussi douloureuse. Avec Danielle Darrieux, tendre et fragile Madame Rosa, Barbara aurait fredonné : " Combien je regrette mon bras dodu, ma jambe bien faite et le temps perdu. " Et puis, tard dans la nuit, pour les esseulés et les retardataires, les derniers clients tristes de toutes ces filles de joie, elle aurait entonné, avec Rosa-Darrieux, sous l'œil réprobateur de la patronne-Madeleine Renaud, ce refrain égrillard et nostalgique :

Nous avons eu Lulu Mange-Tout
Nana-Frisson et miss Poilpoil
Celle qui rendit les hommes fous
Quand elle dansait avec ces voiles
Qui cachaient même pas son cœur
Ni ses six poils de salsifis
Nous avons eu Nini d'Honfleur
Et Rita qui pissait au lit.

De jolies putes vraiment
Et un vraiment bien beau bordel
Même qu'à Dakar
Ça je peux le dire
Ils n'en avaient pas de pareil.


 Extrait de la chanson De jolies putes vraiment  " Madame "

Télérama

Mardi 19 mai 2009 à 8:41


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Je me souviens du soir où, à la fin de son récital du Châtelet, après d'innombrables rappels, elle nous avait entraînés presque en courant, mon fils et moi, dans sa loge. " Surtout, m'avait-elle dit , ferme bien la porte, ILS seraient capables de venir jusqu'ici. ILS sont terribles. Dieu que je les aime, mais ILS m'empêchent de respirer. ILS finiront par m'étouffer, oui, m'étouffer. " Et puis elle s'était accroupie, avec Gabriel, devant un grand réfrigérateur rempli de petits pots pour bébés aux fruits. " Je ne mange plus que ça, très bon pour ma voix  " A eux deux, ils en avalèrent une dizaine pendant que, m'improvisant garde du corps, je bloquais la porte du pied et jetais un œil attendri sur ce jardin d'enfance improvisé à même la moquette. " NE LES laisse pas entrer !  " Quand elle ne chantait pas, Barbara ne quittait jamais Précy, où elle figurait une séquestrée. Les journées étaient courtes, les nuits, très longues. Elle pouvait demeurer éveillée plus de soixante-douze heures. Dans chaque pièce, des lampes rouges figuraient les coursives d'un paquebot à la dérive. Fugueuse cathodique, elle regardait beaucoup la télévision, suçait des bâtons de réglisse, des demis-citrons et des cornichons, zappait jusqu'à l'aube en tricotant la laine, le coton et le velours-chenille, exécutait pendant d'ennuyeux débats, d'insipides feuilletons américains et des dessins animés japonais, des écharpes trop longues, couleur chocolat, qui rejoindraient d'improbables pull-over aux manches d'inégales longueurs. L'insomniaque envoyait des fax tendres au cœur des ténèbres, arrosait sous la lune les fleurs de son jardin et se couchait quand le jour se levait. Longtemps, en effet, elle a pensé, grand oiseau de nuit, que le soleil était son ennemi personnel.

Vendredi 15 mai 2009 à 9:52



<  Qui est Qui  >

Une des chansons du spectacle  " Lily Passion "


 
Qui est Qui  ( Barbara.L.Plamondon/Barbara )  ( 1986 )
 
De quelle nouvelle Babylone
Viennent ces belles amazones
Avec leurs franges sur le front ?
Sont-ce des anges ou des démons ?
Qui sont-ils ou qui sont-elles
Sous leurs faux-cils sous leurs jarretelles,
Sous leur poitrine de silicone,
Perruques platines et lèvres chaudes,
Sous leurs tignasses incandescentes,
Leurs robes de strass phosphorescentes,
Talons aiguilles et bas résilles
Comme des filles de pacotille
Qui est qui ?
Parmi tous ces travestis,
Cherchez la femme.
Qui est qui ?
On ne sait plus qui on suit
Quel programme.
Qui est qui ?
Peu importe notre anatomie,
Ce qui compte, c'est ce qu'on nous a mis
Au fond de l'âme
Qui est qui ?
Qu'est-ce que ça peut faire, au fond d'un lit,
La nuit, tous les chats sont gris
Qu'est-ce qui fait le plus mal,
Quand on est animal,
Etre mâle ou femelle,
Qu'est-ce qui fait le plus mal
Et où est l'anormal ?
Etre un il ou une elle ?
Une elle sur une île ?
Ou un il sous mon aile ?
Qui est qui ?
Parmi tous ces travestis,
Cherchez la femme.
Qui est qui ?
On ne sait plus qui on suit,
Quel programme
Mais pourquoi semer la zizanie
Dans ce monde où tout est harmonie
Finissons la comé comé comédie
Vous avez gagné votre pari
Je suis la femme,
La femme,
La femme,
Suivez-moi,
Suivez-moi
Je suis femme
La femme...

Mardi 12 août 2008 à 12:54

 

 Le mal de vivre  (Barbara/Barbara )  ( 1965 )
 

Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins.

Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre.

On peut le mettre en bandoulière
Ou comme un bijou à la main
Comme une fleur en boutonnière
Ou juste à la pointe du sein
C'est pas forcément la misère
C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est les larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient.

Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre.

Qu'on soit de Rome ou d'Amérique
Qu'on soit de Londres ou de Pékin
Qu'on soit d'Egypte ou bien d'Afrique
Ou de la porte Saint-Martin
On fait tous la même prière
On fait tous le même chemin,
Qu'il est long lorsqu'il faut le faire
Avec son mal au creux des reins
Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n'en peut plus.
Alors seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus.

Du mal de vivre
Leur mal de vivre
Qu'ils devaient vivre
Vaille que vivre.

Et sans prévenir ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là ça vous émerveille
Au creux des reins.

La joie de vivre
La joie de vivre
Oh viens la vivre
Ta joie de vivre.
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