Lundi 6 avril 2009 à 7:43

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Le couloir ( Barbara/Barbara-J.L.Aubert )
 
 
Dans le couloir
Il y a des ailes
L'aile Sud
L'aile Nord
L'Aile qui va de l'est en ouest
Dans le couloir
Il y a des anges
Qui se déplient
Qui se déploient
Disparaissent derrière des portes
La 2, la 6 ou la 23
Dans le couloir
Il y a des anges
En sandales
Et en blouses blanches
Qui portent accroché
Sur leur cœur
La douceur de leur prénom
Dans le couloir
Il y a des rires
Des chuchotés
Et des éclats
Y a des pâleurs
Y a des urgences
La chambre 12 qui s'en va
Dans le couloir
Y a des appels
Qui s'inscrivent en lampes bleues
Sur un grand tableau de milieu
Il y a des odeurs
Y a des lourdeurs de fleurs fanées
Il est midi
Y a le bruit des chariots qui grincent
Et les odeurs de ragoût froid
Il y a des pas
Il y a des voix
Dans le couloir
Devant la 12
Y a des silences
Y a des errances
Y a des sanglots
Il y a des anges
En blouses blanches
Qui bercent le désespoir
C'est 18 heures
Y a des appels
Dans le couloir
C'est l'heure des solitudes
Et des angoisses
Dans les chambres
Y a des combats
Y a des victoires
Y a des colères
Y a des courages
Des rémissions
Des espérances
Des volontés de savoir
Il fait chaud
Il fait froid
Il y a la douleur tenace
Des fatigues à n'en plus pouvoir
A ne plus rien vouloir
Que dormir
Dormir
Seul
Le visage contre le mur
Il est minuit
Dans le couloir
Il y a des ailes
L'aile sud
L'aile nord
L'aile qui va de l'est en ouest
Dans le couloir
Il y a des anges
En sandales
Et en blouses blanches
Qui portent accroché
Sur leur cœur
La douceur de leur prénom

Mardi 24 mars 2009 à 11:08

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Printemps  ( P.Eluard/Barbara )  ( 1973 )


Il y a sur la plage quelques flaques d'eau
Il y a dans les bois des arbres fous d'oiseaux
La neige fond dans la montagne
Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs
Que le pâle soleil recule

C'est par un soir d'hiver
Dans un monde très dur
Que tu vis ce printemps
Près de moi l'innocente
Il n'y a pas de nuit pour nous
Rien de ce qui périt n'a de prise sur moi
Mais je ne veux pas avoir froid

Notre printemps est un printemps qui a raison
Notre printemps est un printemps qui a raison
Notre printemps est un printemps qui a raison
Notre printemps est un printemps qui a raison
 

Vendredi 20 mars 2009 à 8:00

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Seule   ( Barbara/Barbara )   ( 1981 )


Comme jour
Comme nuit
Comme jour après nuit
Comme pluie
Comme cendre
Comme froid
Comme rien
Comme un ciel déserté,
Une terre sans soleil
Comme pays perdu
Sans couleur,
Sans clarté
Sans étoile
Egarée
Comme épave perdue
Comme épave perdue

Comme jour
Comme nuit
Comme jour après nuit
Comme pluie
Comme cendre
Comme froid
Comme rien
Comme épave perdue
Je me cogne et me brise
Comme froide
Comme grise
Comme rien
Je suis seule
Comme froide
Comme grise
Comme rien
Je suis seule...

Vendredi 12 septembre 2008 à 8:09


Cette chanson a fait l'objet d'un premier enregistrement, en 1963, sous le titre :  " Presque vingt ans "


Le bel âge   ( Barbara/Barbara )   ( 1964 )


Il avait presque vingt ans
Fallait, fallait voir
Sa gueule, c'était bouleversant
Fallait voir pour croire
A l'abri du grand soleil
Je l'avais pas vu venir
Ce gosse c'était une merveille
De le voir sourire.

Voilà que timidement
Le Jésus me parle
De tout, de rien, de sa maman
Tu parles, tu parles
J'aime beaucoup les enfants
J'ai l'esprit de famille
Mais j'ai dépassé le temps
De jouer aux billes

Il avait presque vingt ans
Et la peau si douce
J'ai cueilli du bout des dents
La fleur de sa bouche
Et j'ai feuilleté pour lui
Un livre d'images
Qu'était pas du tout écrit
Pour les enfants sages

Trente jours et tant de nuits
Donne, mais je te donne
Lui pour moi, et moi pour lui
Et nous pour personne
Mais il fallait bien qu'un jour
Je perd mes charmes
Devant son premier amour
J'ai posé les armes

Elle avait presque vingt ans
Fallait, fallait voir
Sa gueule, c'était bouleversant
Fallait voir pour croire
Ils avaient tous deux vingt ans
Vingt ans, le bel âge...

Lundi 8 septembre 2008 à 8:44

 

 Perlimpinpin  ( Barbara/Barbara )  ( 1973 )

 

Pour qui, comment quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C'en est assez de vos violences
D'où venez-vous, Où allez-vous ?
Qui êtes-vous, Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire silence
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S'il faut absolument qu'on soit
Contre quelqu'un ou quelque chose
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes
Je suis pour les forêts profondes

Car un enfant qui pleure,
Qu'il soit de n'importe où,
Est un enfant qui pleure
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt
Que c'est abominable d'avoir à choisir
Entre deux innocences
Que c'est abominable d'avoir pour ennemi
Les rires de l'enfance

Pour qui, comment, quand et combien ?
Contre qui, Comment et combien ?
À en perdre le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du perlimpinpin
Dans le square des Batignolles
Mais pour rien, mais pour presque rien,
Pour être avec vous et c'est bien
Et pour une rose entrouverte
Et pour une respiration
Et pour un souffle d'abandon
Et pour ce jardin qui frissonne

Ne rien avoir, mais passionnément,
Ne rien se dire éperdument,
Mais tout donner avec ivresse
Et riche de dépossession
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne pas parler de poésie,
Ne pas parler de poésie,
En écrasant les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour au murs gris
Où l'aube n'a jamais sa chance

Contre qui, comment, contre quoi ?
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
Pour retrouver le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles
Contre personne et contre rien,
Contre personne et contre rien
Mais pour toutes les fleurs ouvertes,
Mais pour une respiration
Mais pour un souffle d'abandon
Et pour ce jardin qui frissonne

Et vivre passionnément
Et ne se battre seulement
Qu'avec les feux de la tendresse
Et, riche de dépossession
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne plus parler de poésie,
Ne plus parler de poésie
Mais laisser vivre les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour aux murs gris
Où l'aube aurait enfin sa chance
Vivre,
Vivre
Avec tendresse,
Vivre
Et donner
Avec ivresse...

Mercredi 3 septembre 2008 à 7:36

 

 


Du bout des lèvres  ( Barbara/Barbara )  ( 1968 )

Dites-le-moi du bout des lèvres
Moi, je l'entends du bout du cœur
Moins fort, calmez donc cette fièvre
Oui, j'écoute

Oh, dites-le-moi doucement
Murmurez-le-moi simplement
Je vous écouterais bien mieux
Sans doute

Si vous parlez du bout des lèvres
J'entends très bien du bout du cœur
Et je peux continuer mon rêve,
Mon rêve

Que l'amour soit à mon oreille
Doux comme le chant des abeilles
En été, un jour, au soleil,
Au soleil

Regardez, dans le soir qui se penche
Là-bas, le voilier qui balance
Qu'elle est jolie, sa voile blanche
Qui danse

Je vous le dis du bout des lèvres
Vous m'agacez du bout du cœur
Vos cris me dérangent, je rêve,
Je rêve

Venez donc me parler d'amour
A voix basse, dans ce contre-jour
Et faites-moi, je vous en prie,
Silence

Prenons plutôt le soir qui penche
Là-bas, ce voilier qui balance
Qu'elle est jolie sa voile blanche
Qui danse

Je vous dirai du bout des lèvres
"Je vous aime du bout du cœur "
Et nous pourrons vivre mon rêve,
Mon rêve

Dimanche 31 août 2008 à 12:26

 


La solitude  ( Barbara/Barbara )  ( 1965 )

 

 
Je l'ai trouvée devant ma porte
Un soir que je rentrais chez moi
Partout, elle me fait escorte
Elle est revenue, là voilà,
La renifleuse des amours mortes
Elle m'a suivie pas à pas
La garce, que le Diable l'emporte
Elle est revenue, elle est là.

Avec sa gueule de carême,
Avec ses larges yeux cernés,
Elle nous fait le coeur à la traîne
Elle nous fait le coeur à pleurer,
Elle nous fait des mains blêmes,
Et de longues nuits désolées,
La garce, elle nous ferait même
L'hiver au plein coeur de l'été.

Dans ta triste robe de moire,
Avec tes cheveux mal peignés
T'as la mine du désespoir,
Tu n'es pas belle à regarder,
Aller, va-t'en porter ailleurs
Ta triste gueule de l'ennui,
Je n'ai pas le goût du malheur
Va-t'en voir ailleurs si j'y suis.

Je veux encore rouler des hanches
Je veux me saouler de printemps,
Je veux m'en payer des nuits blanches
A coeur qui bat, à coeur battant
Avant que sonne l'heure blême
Et jusqu'à mon souffle dernier,
Je veux encore dire "je t'aime"
Et vouloir mourir d'aimer.

Elle a dit : ouvre-moi ta porte
Je t'avais suivie pas à pas,
Je sais que tes amours sont mortes
Je suis revenue, me voilà
Ils t'ont récité leurs poèmes
Tes beaux messieurs, tes beaux enfants,
Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine
Eh! bien, c'est fini, maintenant.

Depuis elle me fait des nuits blanches
Elle s'est pendue à mon cou,
Elle s'est enroulée à mes hanches,
Elle s'est couchée à mes genoux.
Partout elle me fait escorte,
Et elle me suit pas à pas,
Elle m'attend devant ma porte,
Elle est revenue, elle est là,
La solitude, la solitude...

Dimanche 31 août 2008 à 12:05

 


Gare de Lyon  ( Barbara/Barbara )  ( 1964 )
 

Je te téléphone,
Près du métro Rome,
Paris, sous la pluie,
Me lasse et m'ennuie,
La Seine est plus grise,
Que la Tamise,
Ce ciel de brouillard,
Me fout le cafard,
Paris pleut toujours,
Sur le Luxembourg,
Y'a d'autres jardins,
Pour parler d'amour,
Y'a la tour de Pise,
Mais je préfère Venise,
Viens, fais tes bagages,
On part en voyage,

Je te donne rendez-vous,
A la gare de Lyon,
Sous le grand horloge
Près du portillon,
Nous prendrons le train
Pour Capri la belle,
Pour Capri la belle,
Avant la saison,
Viens voir l'Italie,
Comme dans les chansons,
Viens voir les fontaines,
Viens voir les pigeons,
Viens me dire "je t'aime",
Comme tous ceux qui s'aiment,
A Capri la belle,
En toutes saisons.

Paris, mon Paris,
Au revoir et merci,
Si on téléphone,
J'y suis pour personne,
J'vais dorer ma peau,
Dans les pays chauds,
J'vais m'ensoleiller,
Près des gondoliers,
Juste à l'aube grise,
Demain, c'est Venise,
Chante barcarole,
J'irai en gondole,
J'irai, sans sourire,
Au pont des Soupirs,
Pour parler d'amour,
A voix de velours.

Taxi, menez-moi
A la gare de Lyon,
J'ai un rendez-vous,
Près du portillon,
Je vais prendre le train,
Pour Capri la belle,
Pour Capri la belle,
Avant la saison,
Passant par Vérone,
Derrière les créneaux,
J'vais voir le fantôme
Du beau Roméo,
Je vais dire "je t'aime",
A celui que j'aime,
Ce sera l'Italie,
Comme dans les chansons,
Taxi, vite allons,
A la gare de Lyon.

Vendredi 29 août 2008 à 18:34

 

 

 

 

Y'a un arbre, je m'y colle,
Dans le petit bois de Saint-Amand,
Je t'attrape, tu t'y colles,
Je me cache, à toi maintenant

Y a un arbre, pigeon vole
Dans le petit bois de Saint-Amand
Où tournaient nos rondes folles
Pigeon vole, vole, vole au vent

Dessus l'arbre oiseau vole
Et s'envole, voilà le printemps
Y'a nos quinze ans qui s'affolent
Dans le petit bois de Saint-Amand

Et sous l'arbre, sans paroles,
Tu me berces amoureusement,
Et dans l'herbe, jupon vole,
Et s'envolent nos rêves d'enfants

Mais un beau jour, tête folle
Loin du petit bois de Saint-Amand,
Et loin du temps de l'école
Je suis partie, vole, vole au vent

Bonjour l'arbre, mon bel arbre,
Je reviens, j'ai le cœur content,
Sous tes branches, qui se penchent
Je retrouve mes rêves d'enfant

Y a un arbre, si je meurs
Je veux qu'on m'y couche doucement,
Qu'il soit ma dernière demeure
Dans le petit bois de Saint-Amand
Qu'il soit ma dernière demeure
Dans le petit bois de Saint-A...

Y'a un arbre, pigeon vole,
Mon cœur vole,
Pigeon vole et s'envole,
Y a un arbre, pigeon vole...
 

Jeudi 28 août 2008 à 21:36



 

 

Hop-là   ( Barbara/J.J.Debout )   ( 1970 )


Je vins au monde, je n'avais rien dans la tête
C'est drôle, j'avais tout, tout, tout dans les gambettes
Rue de Bagnolet, près de la rue des Pyrénées
Quand je suis née, hop-là

Sur un long corps, une curieuse petite tête
Une longue tige, une vraie fleur de pâquerette
Le pied cambré, pas besoin d'être prophète
Pour deviner, hop-là

Qu'à l'àge où l'on joue encore à chat perché
Sur les tambourets, au bar du Chat qui Pêche,
Les gambettes gainées de soie noire
Déjà, je me perchais, hop-là

Je n'ai pas dansé les rondes enfantines
Au bois joli, sonnaient, sonnaient les matines
A pas de loup, et déjà sans peur du loup,
A quinze ans, je trottinais

J'ai pas de tête, mais j'ai des jambes
Qui me portent, me rapportent
Je déambule, point virgule
Je dégaine ma dégaine

Enfant, j'avais l'âme pieuse
Et je rêvais d'être un jour
Une petite soeur du Bon Dieu
Ben j'suis petite soeur d'amour

Venez à moi, venez donc, mes frères.
Pourvu qu'on y croit, à chacun sa prière.
Dieu m'a donné la foi et le savoir-faire.
Qu'il soit loué, hop-là.

Venez à moi, venez, Dieu vous le pardonne
Ce soir, c'est Noël dans le coeur des hommes
Qu'elle est jolie, la messe qu'on danse à minuit
Au creux d'son lit, hop-là

Si vous êtes musicien, je sais la messe en ré
Si vous êtes général, je vous ferais le défilé
Si vous êtes poète, je vous réciterais
La petite chanson d'Verlaine

Si vous aimez les marins, je serais mousse
Comme dit la chanson, je vous ferais ça en douce
Venez mes frères, je ne suis pas cultivée
Mais j'ai des connaissances

Rien dans la tête, toute en jambes
Je trotine et mutine
Douce, douce, pas farouche
Je dégaine ma dégaine

Quel beau métier, je suis petite soeur d'amour
Infatigable, je vais de nuit et de jour
Quand on n'a pas de tête, il faut avoir des jambes
C'est bien connu, hop-là

Et que m'importe, que ce soit le pauvre ou le riche
Pour moi, les hommes sont égaux, je m'en fiche
Comme c'est écrit, il faut aimer son prochain
J'aime le mien, hop-là

De mon enfance j'ai gardé l'âme pieuse
Bien sûr, je ne suis pas vraiment religieuse
Mais chaque jour, auprès de vous, mes chers frères
J'égrène mon rosaire

Entrez mes frères, entrez, c'est l'heure où l'on prie
Ensemble, nous aurons d'autres paradis
Ensemble, nous monterons au septième ciel
Hop-là, hop-là, hop-là...

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