Lundi 31 août 2009 à 8:45

http://mybabou.cowblog.fr/images/021274olympia.jpg


Mes premières chansons d'elle, je les ai entendues dans un juke-box, quand j'étais môme. Dis, quand reviendras-tu ? je me souviens... Je me souviens aussi de l'album à la rose, plus tard. Elle avait une manière de jouer du piano très spéciale, une technique  " raccourcie  "  un truc à elle. Tu peux essayer de faire comme elle, ça ne sonne pas pareil. A ses côtés, il y avait toujours un accordéon ; elle l'aimait pour sa voix humaine sans doute, pour son côté tzigane, tour à tour douloureux et joyeux, et peut-être parce qu'il est transportable, c'est un orgue à  pattes, un orchestre à lui tout seul. A mes débuts, elle m'écoutait poétiser au Port du Salut, un des derniers cabarets de Paris, le quartier général de Richard Marsan, le directeur artistique de Léo Ferré, et le mien. Juliette Gréco, Michel Piccoli, Maurice Fanon... étaient comme elle des habitués du lieu. Elle avait un charme fou, c'était une diva, comme Juliette. Même classe, ( elle, en plus auteur-compositeur : ça donnait une autre lumière ) Bien après je suis allé à Précy, pour essayer de lui écrire des textes, mais aussi pour rigoler. Même à la maison, elle avait l'air d'être en tenue de scène, pantalon fluide et col de reine. Elle répétait dans son théâtre, parfois seule ;  j'étais admis de temps en temps. Avant Mogador ( je l'y ai vue trois fois ) les répétitions ont été longues. Mogador, le Châtelet, c'étaient des théâtres parfaits pour elle. Pantin, c'était rock, je me demandais comme elle allait faire, et tu as vu : elle remplissait l'espace. On a tendance à mettre les divas dans des cocons ; elle était sortie du sien, et ça lui a ouvert un autre public. Difficile de chanter mieux qu'elle. Cette façon qu'elle a de placer les mots, ce contre-chant dans le chant... Difficile d'écrire mieux qu'elle, aussi. Elle a un amour gourmand des mots. Pierre par exemple, chanson intimiste, chanson-confiture, une des rares chez elle qui ne ressemble pas à un ouragan. Le mal de vivre, c'est un ouragan intérieur. Elle a le talent de scénariste, aussi : la situation se retourne toujours, dans ses chansons. Nantes est à part. J'ai toujours été intrigué par ce texte étrange, très pictural, en clair-obscur. Assis près d'une cheminée... La lumière était froide et blanche... On voit Vermeer, on entend Baudelaire. Et ce dernier vers, seul à parler du père, et de pardon, d'une certaine façon... La chanson est mystérieuse, mais quand tu sais ce qui s'est passé avec son père, elle l'est encore plus, à cause de ce pardon suggéré. Tu peux l'écouter à plusieurs niveaux. Dans d'autres, on sent le travail, dans celle-là, le jaillissement. Pour moi, Barbara est à la même altitude que Léo. Chez les deux, il y a du baroque, et du latin. Elle a un style plus dépouillé ( pas un mot, pas une virgule de trop dans Le mal de vivre ) et une interprétation plus théâtrale Férré " ténorise " comme un Italien, sauf dans La Mémoire et la Mer. Juliette Gréco a raison de dire que l'interprétation est une troisième écriture... Barbara est plus proche de Brassens ( qui, lui, s'éffaçait derrière ses chansons ) pour le dépouillement de l'écriture, et de la revue et du chant classique pour l'interprétation. Etonnant mélange. Cette femme à la fois sensuelle et masculine est elle-même un mélange mystérieux et attirant. Avec son côté grande liane exotique, je la vois bien dans les années 1920, garçonne habillée par Poiret et dansant sur un volcan...

Bernard Lavilliers  ( Chanteur Compositeur )

Par autresrimes le Lundi 31 août 2009 à 9:48
coucou Babou

sympa ce témoignage du chanteur Bernard lavilliers
bises et bonne journée
A+ de Emmanuel
Par Paskale le Lundi 31 août 2009 à 19:08
Finalement tous ceux qui ont croisé la route de Barbara de près ou de loin on une magnifique image d'elle et une façon propre à eux de la raconter! Celui de Lavilliers est dépourvu de falbala avec des mots justes.

BISOUS!
Par http://www.smokefish.fr le Mercredi 19 août 2015 à 4:40
Quel joli temps, mon amour, au revoir
Quel joli soir pour jouer ces vingt ans
Sur la fumée des cigarettes
L'amour nous reviendra peut-être
Par http://www.nantesfloorball.fr le Lundi 25 janvier 2016 à 4:00
Jamais la fin d'été n'avait paru si belle
Les vignes de l'année auront de beaux raisins
On voit se rassembler, au loin les hirondelles
Par http://www.nicoledubois-terraangelica.fr le Mardi 15 mars 2016 à 4:01
On m'a aussi proposé d'apprendre à approcher les malades.
Par http://www.madeleinebrunelet.fr le Samedi 28 mai 2016 à 8:44
On m'a aussi proposé d'apprendre à approcher les malades.
Par Maillot De Foot Pas Cher le Samedi 3 septembre 2016 à 5:04
Enfin retrouvés !
Par longchamp Pas Cher le Dimanche 18 septembre 2016 à 4:59
Des souffrances qui, pour moi, seraient terribles.
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

Créer un podcast