Samedi 7 juin 2008 à 17:13

 

La vérité,  c'est en scène et au lit !

Barbara

Publié par Mybabou

Vendredi 6 juin 2008 à 8:39

 


Barbara est drôle, fantaisiste, dotée d'un humour cinglant et surréaliste comme le sont parfois les victimes du mal de vivre qui ont besoin de s'échapper du réel, de porter en dérision leur souffrance. " Je suis une comique, mais cela, personne ne s'en est rendu compte !  "  Ses proches le savent bien, certains prétendent même qu'elle est la femme la plus drôle du monde. Dans l'atelier de son amie couturière, Mine Barral Vergez, à deux pas de La Tête de l'art, elle fait des siennes. Toute la durée de ces récitals de fin d'année, elle s'installe chez Mine, sillonne l'atelier en sautillant, coquine et curieuse. Tout le jour elle se penche sur l'ouvrage des petites mains occupées à ourler des taffetas ou à parfaire quelque habit de lumière. Elle veut aider, apprendre à coudre...  Le soir, elle se maquille, revêt sa peau de velours et, enfouie sous sa cape, rejoint à pied, filant comme une ombre, le cabaret tout proche. Un jour que toute l'équipe de la Comédie-Française débarque chez Mine pour un essayage, elle s'attife d'une dentelle sur la tête et d'un tablier, bondit sur la porte et joue tout à coup les parfaites gouvernantes. Un à un, ces messieurs dames du théâtre-Français s'étonnent, décidément troublés par la ressemblance de l'employée de maison avec la chanteuse.  " Non, non, je vous assure, je ne suis pas Barbara, je suis la bonne ! "  rétorque avec aplomb l'espiègle, qui fait durer la blague. Un soir de Noël, à Rennes, alors qu'elle vient de se produire avec Serge Reggiani, elle se retrouve à une réception d'un ennui mortel organisée en son honneur. Il lui prend alors l'envie de chambouler ce ronron. Elle se met à lancer de sonores  Jean-Pierre ! Jean-Pierre !  Face à un auditoire médusé, Reggiani rapplique à quatre pattes aux pieds de la chanteuse, aboie et, bouche ouverte, recueille les petits-fours que lui lance sa complice. Ainsi, on n'impose rien à Barbara. Un soir qu'une pneumonie l'a clouée sur un lit d'hôpital, son spectacle de La Tête de l'art est annulé au dernier moment. Du moins le croit-on... parce qu'à l'insu de son entourage elle obtient finalement des médecins de quitter son lit le temps d'un tour de chant. Elle avale quelques-uns de ces miraculeux comprimés dont elle abuse et s'en va donner son spectacle, le teint pâle mais l'âme en couleur. Devant La Tête de l'art, l'ambulance attendra la fin du récital.

Extrait du livre

Publié par Mybabou

Jeudi 5 juin 2008 à 11:02

 


Le musicien rencontre Barbara au milieu des années 60. C'est le début d'une longue collaboration  :  Michel Colombier signera ses orchestrations de 1966 à 1972. Début aussi d'une longue amitié, que le départ de l'arrangeur pour les USA ne viendra pas émousser...
Nous nous sommes rencontrés à un Gala de l'Union des Artistes, à l'Opéra de Paris. Barbara y chantait   " Yesterday "  des Beatles, allongée sur la scène, devant un piano d'enfant, et accompagnée par un choeur en robe de bure...  C'est après ce spectacle un peu particulier qu'elle a voulu que l'on travaille ensemble. A l'époque, l'un de ses arrangeurs lui avait dit que ses chansons n'étaient   " pas carrés "  Elle voulait donc que j'y mette de l'ordre, se que j'ai refusé. Ses chansons étaient parfaites telles quelles, je n'avais pas à y toucher. Qu'il y ait un temps en trop ici, ou un temps en moins là, peu importe. L'oeuvre de Barbara est très personnelle, on n'a pas à y insuffler des considérations scolastiques. On a juste à la servir. Le talent de Barbara est inclassable, incomparable. On ne peut pas comparer Barbara à Gainsbourg, comme on ne peut pas comparer Brel à Brassens...  Ils étaient tous monstrueusement doués. Je retrouve d'ailleurs des points communs dans leur façon de travailler  :  le même amour, la même joie quand on arrive au résultat escompté. Pour moi, ce fut une collaboration merveilleuse. Barbara me laissait carte blanche. En général, elle était toujours d'accord avec ce que je lui proposais. Avec elle, j'ai des souvenirs étonnants. Un jour par exemple, il lui manquait une chanson pour boucler un album. Elle a fouillé dans ses tiroirs et en a sorti un vieux titre, qu'elle jouait un peu à la façon de la sonate au clair de lune de Beethoven. Pierre, son chauffeur, m'a apporté la cassette, m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit  :  "  Il faut que vous en fassiez un tube. La patronne en a besoin ! "   Évidemment elle ne lui avait rien demandé mais il l'aimait tellement...  J'ai fait les arrangements sans imaginer ce que la chanson allait devenir  :  c'était  " L'Aigle noir  "...  Barbara était une femme extraordinaire. Elle était très humaine, très proche de nous, dans les bons moments comme dans les autres. L'un de mes fils, Emmanuel, est mort à l'âge de cinq ans. C'est elle qui s'est occupée de tout. Elle est venue ranger ses vêtements, pour soulager ma femme. Elle a rempli les formalités. Elle a choisi le cimetière, à Bagneux, pas loin de sa propre mère... C'est d'ailleurs là qu'elle est elle-même enterrée. Après mon départ de France, nous avons retravaillé ensemble en 1981, pour son album Seule, puis en 1986, à New York  :  il y a eu un grand événement culturel au Métropolitain Opéra, et Baryshnikoff qui l'adorait  ( il a appris le français en écoutant ses disques ! )  voulait absolument qu'elle y chante. Elle est venue. On s'est retrouvé dans la même harmonie que vingt ans plus tôt...  Au fond, c'est toujours facile de travailler avec les gens qu'on aime. Et je l'aimais. C'était une très grande artiste.

Michel Colombier

Publié par Mybabou

Mercredi 4 juin 2008 à 9:40

 


Plus que tout autre chanteur, Barbara crée dans le public un  " effet miroir "  Des spectateurs de plus en plus jeunes se reconnaissent dans sa souffrance, dans ses mots de désespérance et d'espoir. Ils ont devant eux une femme de trente-cinq ans qui pourrait être leur grande soeur, parfois leur mère, mais qui ne leur tient pas le même discours que les adultes. Elle ressent les mêmes choses qu'eux, exprime avec des mots et des notes ce qu'ils ressentent sans avoir jamais réussi à l'exprimer eux-mêmes. Alors ils viennent la voir dans sa loge pour lui parler, pour qu'elle les écoute. Barbara prend conscience de la lourde responsabilité qui pèse sur ses épaules.  " La jeunesse est orpheline, confie-t-elle à Denise Glaser à la télévision. Les enfants sont orphelins. Ils viennent me voir et me disent  :  " C'est comme si vous étiez ma mère "  C'est tout à fait bouleversant. Ce sont des gosses de quatorze, quinze ans. Il y  a un âge où l'on divorce de ses parents, c'est très difficile à traverser. Et comment répondre à cette formidable attente sans décevoir ?  " Toi tu remontes dans ta voiture le soir et les gosses te disent  : " Oui, vous nous laissez "  C'est vrai que tu pars toujours et eux restent avec leurs problèmes, parce que tu ne peux rien faire. C'est dérisoire. Il faut savoir qu'on passe. Alors il faut essayer de passer le plus joliment possible. Peu à peu Barbara apprendra à ne pas se faire vampiriser par son public. Cet apprentissage, comme le raconte Françoise Lo, fut long et douloureux. " Après le spectacle, le public défilait dans sa loge comme pour des funérailles. Ça faisait partie du spectacle. Ça durait des heures. Elle parlait avec les gens. Un jour qu'une jeune fille lui disait à propos de Nantes qu'elle n'avait pas retrouvé le " petit sanglot du disque " elle lui a répondu : " Mademoiselle, on ne peut pas enterrer son père tous les jours "  Si quelqu'un lui disait qu'il avait des problèmes d'argent, elle s'en occupait. Au-delà des ses contradictions, elle avait une émotivité qui débouchait sur de la générosité. Une femme, qui habitait dans une banlieue pauvre de Lyon, était venue la voir en lui disant qu'elle n'avait pas de quoi payer un Noël à son enfant. Barbara a acheté un ours en peluche et des monceaux de jouets et a pris un taxi pour aller les porter elle-même à l'enfant. Quand elle est arrivée avec ses jouets dans les bras, la mère s'est écriée :  " Que ça ? "  Elle aurait sans doute préféré avoir un chèque qu'un ours pour son moutard. Barbara en était retournée. Elle est restée au trente-sixième dessous pendant deux jours. "  Ainsi se rend-elle compte qu'il ne faut pas trop abattre la barrière entre elle et son public et que c'est uniquement sur scène qu'elle peut le réconforter. Brel disait qu'en tant que chanteur il avait une fonction d'aspirine. De la même manière, Barbara dira  : " Je fais un métier d'assistante sociale qui essaie d'apaiser les tourments de chacun avec des mots, des musiques et une voix. " 
Sacerdoce, diront certains. Amour, répond Barbara.

Extrait du livre


Publié par Mybabou

Mardi 3 juin 2008 à 9:12

 


Du mariage avec Claude Sluys  " un matin d'octobre 1953 "  ( le 31 pour être exacte ) Barbara ne dit pas grand-chose sinon qu'il fut   " assez fellinien "   la mariée en noir   " des pieds au turban "   et Prudence ( qui offrait le repas de noce )  la poursuivant comme une folle en sifflant comme un serpent  :  " Ne te marie pas ! Ces gens-là ne sont pas pour toi...!  "   On saura plus tard par Claude, le beau garçon de vingt-cinq ans alors très amoureux de sa gitane, qu'il l'a sauvée de l'expulsion du pays en l'épousant mais que ce n'était évidemment pas la seule raison du mariage. La famille très bourgeoise du marié ne voit pas l'union d'un bon oeil : elle n'aura pas à souffrir longtemps de la présence d'une saltimbanque, et juive en plus, dans les ( très rares ) réceptions où elle se montre avec son mari. Le couple vient vivre à Paris fin 1953. Elle passe des auditions, cherche désespérément des engagements. Il écrit des poèmes, décharge des caisses aux Halles aux aurores de Paris... Puis doit rentrer en Belgique où, exempté du service militaire,  " on "  l'empêche néanmoins de revenir à Paris. Il ne s'en démène pas moins, sur place, pour aider de ses relations à la carrière de celle qui est encore son épouse. C'est ainsi qu'elle se rendra à Bruxelles, en octobre 1954, pour assurer à L'Atelier un vrai récital de vingt chansons, présentée par Angèle Guller, femme de radio célèbre dévouée à la chanson et qui suivra fidèlement la carrière de Barbara. Entre-temps, l'Écluse qui avait dit non à une audition en 1952, a dit oui au printemps 1954 et a bien fait... La porte commence à s'ouvrir pour de bon. C'est le moment où, sans s'en douter peut-être mais avec une de ces intuitions rares qui la caractérisaient, elle transforme son personnage. Elle se fait couper les cheveux très courts et commence à ressembler au Pierrot de lune de ses années futures. Paris, en 1955, redevient le port d'ancrage de la vagabonde. C'est aussi la fin du mariage belge. Elle n'épousera plus personne.

Marie Chaix
  ( Auteur et secrètaire de Barbara de 65 à 69 )

Publié par Mybabou

Lundi 2 juin 2008 à 8:45

Barbara par Maurice Béjart  --  Dis quand reviendras-tu ?  --

Publié par Mybabou

Vendredi 30 mai 2008 à 9:45

 

Quand Barbara commençait à s'ennuyer dans un restaurant, elle s'inventait de temps en temps... un chien imaginaire qu'elle appelait Jean-Pierre ! D'abord, elle laissait tomber ses couverts pour que le maître d'hôtel vienne les changer, et puis soudain, elle s'exclamait  :  "  Jean-Pierre ! Où est passé ce chien ?  "  et se mettait à le chercher partout, suivie par tout le monde, personne n'avait vu de chien, et pour cause : il n'y en avait pas ! Ou bien elle demandait à boire pour Jean-Pierre !

Sophie Makhno
( Auteur et secrétaire de Barbara de 63 à 66 )

Publié par Mybabou

Jeudi 29 mai 2008 à 7:51

Barbara par Maurice Béjart   --  La solitude  --

Publié par Mybabou

Mercredi 28 mai 2008 à 8:26


La petite maison de la rue Mollard à  Saint-Marcellin.


Août 1944 : comme un bouquet de feu d'artifice, la libération de Paris ! Paris libéré ! Qu'est-ce que cela peut représenter pour moi à cette époque là ? Les voyages, les exodes, les fuites de 1939 à 1945 n'ont pas rendu ma vie douloureuse ; la faim ne m'a jamais vraiment tenaillée, je n'ai jamais été trop longtemps séparée de ma mère, nous n'avons jamais porté l'étoile jaune, aucun de nous n'a été déporté. Mes peurs et mes douleurs d'enfant, est-ce vraiment à la guerre que je dois les imputer ? Je pense que le mot " libération " voulait dire pour moi que c'en était fini des morts et des atrocités, et que le monde allait pouvoir se retrouver. C'était comme une immense fête. J'allais revoir ma Granny. Nous allions habiter enfin une vraie maison. J'allais pouvoir être juive sans peur, librement. Nous restons encore quelque temps à Saint-Marcellin où nous voyons arriver les Américains. Entre-temps, mon petit frère Claude nous rejoints ; il a deux ans : c'est drôle de retrouver un petit frère qui parle ! Je le promène en poussette. Nous quittons Saint-Marcellin en 1945. Je suis triste, j'éprouve une drôle de sensation ; j'ai beau savoir que c'est pour retrouver Paris, pour moi, c'est partir vers l'inconnu. Quand je reviendrai à Saint-Marcellin, vingt-trois ans plus tard, dans ma " belle Mercedes grise à toit ouvrant " c'est " Peter " qui conduira. Marie Chaix sera près de moi. Bouleversée, je traverserai la grande rue, puis la place d'armes qui mène au chemin bordé de mûres. je retrouverai le coteau, la villa qui, en fait, n'est qu'une modeste maison ; les dahlias fauves seront toujours là.
J'ai eu tort, je suis revenue
dans cette ville loin perdue
ou j'avais passe mon enfance.
J'ai eu tort, j'ai voulu revoir
le coteau ou glissaient le soir
bleus et gris ombres de silence. (...)  
 Mon enfance ( Barbara)

Barbara

Publié par Mybabou

Mardi 27 mai 2008 à 14:07

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Demain


(
1968 )


Je suis fataliste. Demain n'existe pas pour moi.


Barbara

Publié par Mybabou

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